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  • Manon Vixège

Des aliments moins riche en nutriments ?...

Depuis des millénaires, l’homme utilise, développe des ressources phytogénétiques et en est dépendant pour la production alimentaire et agricole.

Aujourd’hui les cultures commerciales ont une base génétique très étroite et on observe donc une érosion génétique qui s’accompagne parfois d’une érosion nutritionnelle.


L’utilisation de graines seulement inscrites au « catalogue français des espèces et variétés », limite une diversité des végétaux en France. Ces graines correspondent souvent à des fruits et légumes plus beaux et plus résistants mais rarement plus riche sur le plan nutritif.

L’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime ainsi que 75% des variétés de fruits et légumes comestibles ont disparu.


Notre agriculture industrialisée favorise l'uniformité génétique (monoculture), ce qui simplifie la culture, la préparation du sol, la récolte ... Pourtant celle-ci est dangereuse parce qu'elle rend une culture vulnérable à la propagation, la multiplication et l’évolution des ravageurs et des maladies (exemple parfait : la famine de 1840 en Irlande avec la pomme de terre et le mildiou).

Cependant il peut être difficile d’intégrer une diversité génétique sur les cultures, par exemple une culture de plusieurs variétés sur une même parcelle n’est pas toujours compatible avec l’utilisation du matériel agricole moderne, la période de maturité peut être différente …

Il y a lieu à réaliser davantage d’études sur l’adéquation des techniques de diversification des cultures aux différents contextes, ainsi que d’examiner les compatibilités de différentes variétés, les pratiques de gestion et les superficies les plus appropriées pour un rendement optimal.


Une information a beaucoup circulé un temps et qui disait « Une pomme de 1950 équivaut à 100 pommes d’aujourd’hui », c’est faux, les changements sont plus subtils. Mais alors les aliments d’aujourd’hui contiennent t’ils moins de nutriments qu’avant ?

Des travaux menés aux Etats-Unis, et publiés en 2004, sur la densité moyenne des légumes en calcium (Ca), en cuivre (Cu) et en fer (Fe), ainsi que des fruits en cuivre (Cu), en fer (Fe) et en potassium (K), montre une diminution très marquée de celles-ci depuis les années 1930. La culture de nouvelles variétés a permis aux plantations de croître plus et plus rapidement, mais la capacité des variétés à produire des nutriments n’a pas forcément suivi cette croissance rapide.

Cependant il est important de rester factuel et d’appréhender correctement la portée des résultats de ces études. Car si celles-ci indiquent que la concentration de certains nutriments semble bel et bien baisser dans une partie de ces fruits et légumes, selon leur mode de culture ont peut voir leur concentration augmenter.


Attention !!! Les fruits et les légumes d’aujourd’hui sont encore nutritifs. Il est prouvé que ceux qui mangent au moins cinq portions de fruits et légumes par jour sont en meilleur santé que ceux qui ne le font pas. La façon dont notre métabolisme intègre ces nutriments est tout aussi importante que la quantité qu’il consomme.


La génétique n’est pas la seule cause, les facteurs de ce déclin nutritionnel sont multiples. Les sols sont plus pauvres, la croissance des végétaux est plus rapides, dopés par des engrais et ils sont cueillis trop tôt avec des traitements de conservation plus fréquents.

Des études montrent également que plus le rendement est important plus la concentration en nutriments diminuent.


Attention le bio n’échappe pas à la règle … si les produits bios sont cueillis avant maturité, ils peuvent être parfois moins riches en nutriments que des produits mûrs de l’agriculture traditionnelle.


La bonne stratégie pour remettre de la vie dans son assiette : choisir des aliments mûrs, produits de manière non intensive et partir en quête des variétés oubliées.